J’ai
résidé longtemps dans l’incohérence
des
feuillages, mais cette demeure
est
aussi limpide pour chacune
de
mes nervures qu’une vierge lagune.
Il
fut un temps qui s’écoulait
derrière
les miroirs, miroirs désormais
aussi
absurde que la peau des cadavres :
il
ne me reste que quelques regrets perforés.
Il
fut une profondeur des forêts violettes
une
huile brassant les plaies
jusqu’à
la guérison d’ailes rouges
huile
plus essentielle que le dernier crépuscule.
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Avorton
terreux, fouille-bestioles, bactérie angulaire, face de chat écorché,
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couperet
rouillé dans les coulisses d’une couleuvre, bois ébréché de migrations
infirmes,
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embouchure
de nulle part et de nul instrument, pas même un roncier, rien !
C’est
ainsi que me parlaient toutes celles dont je suis l’ignoble progéniture,
fange infortunée, racine dévissée, pas même une fumée, un signal de détresse,
un creux dans l’horrible plaie du temps, une boursouflure orageuse.
Je
rêve d’une matrice muette. Mélancolie mugissante. Qui m’entend ? Mélampyre
ou méduse sylvestre, néoténie ou polypore, quel mot pourrait rafraîchir
mon identité ? Rafistolage de rencontres répugnantes, je pleure de ne
pouvoir griffer jusqu’à la sève, jusqu’au délice la peau du monde.
Je
rêve d’un repos reptilien ou d’un sifflement en ultime requête.
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Synapse
inapte, troll minuscule, réduit poussiéreux incapable de brûler le sol,
ivrogne trébuchant sur ses vomissures verdâtres, bourreau d’étoiles, évanouissement
de tout éventualité, pas même un flagelle, rien !
Et
les sorcières riaient, étalant leur éventail d’affectueux venins.
Une
sueur froide, une lumière bredouillante, juste un oeil pour supplier, le candélabre
d’une demeure inouïe, tristesse de bois, chrysalide, cyon, encens, emblave,
dugong, coccinelle, épervier, être autre oh, magnificence du rêve ! Être
un oiseau ! Se tenir droit sur une branche et chanter.
Se faire
aimer d’un courant d’air, lisser ses plumes entre les bras du soleil, émailler
les bois, débaucher les nuages. Une étincelle de liberté. Un peu de vie, un
tout petit peu. Qui m’entend ?
Maudites
sorcières, assassinez-moi, dévorez votre part de Néant :
ma
rage ne brûlera pas vos entrailles, rien ne peut débarbouiller vos sordides
incantations, vos noirceurs grouillantes resteront aussi intactes qu’un tas
d’ordures en décomposition, soyez sans crainte. Sans crainte aucune.
Je
ne veux hanter vos déchets, déboutonner votre peau hideuse, briser le cercle
brûlant de vos débauches. Non, soyez sans crainte, mon âme ne sera même
plus pour vous un souvenir.
Rien.